1I/'Oumuamua

1I/'Oumuamua

Le 19 octobre 2017, l'astronome Robert Weryk, repère un objet se déplaçant à une vitesse inhabituelle à travers un champ d'étoiles. Cet objet, initialement catalogué sous la désignation temporaire C/2017 U1, a bouleversé notre compréhension du système solaire et à ouvert un nouveau chapitre de l'astronomie. Pour la première fois dans l'histoire, nous observions un astre interstellaire venu de la Voie lactée.

L'objet se trouvait à environ 0,2 unité astronomique de la Terre.

Son orbite est hyperbolique avec une excentricité de 1,2, une valeur jamais observée auparavant. Cette excentricité supérieure à 1 signifiait que l'objet n'était pas gravitationnellement lié au Soleil et qu'il ne faisait que traverser notre voisinage cosmique.

Le 6 novembre 2017, l'Union Astronomique Internationale a créé une nouvelle catégorie de désignation pour ce type d'objet et lui attribua le nom définitif 1I/'Oumuamua.

1I/'Oumuamua avait déjà atteint son périhélie le 9 septembre 2017, à une distance de seulement 0.255 unité astronomique, soit environ 38 millions de kilomètres de notre étoile. À ce moment, il se déplaçait à une vitesse de 87 kilomètres par seconde par rapport au Soleil. Lors de sa découverte, il s'éloignait déjà rapidement, ce qui ne laissa aux astronomes qu'une fenêtre d'observation d'environ quatre mois.

L'objet présentait des variations de luminosité d'un facteur 10 avec une période de rotation de 7.3 heures, suggérant une forme extrêmement allongée. Les modélisations indiquèrent un rapport d'aspect pouvant atteindre 10:1, faisant de 1I/'Oumuamua l'objet le plus allongé jamais observé dans notre système solaire.

En juin 2018, une analyse détaillée des données astrométriques par Marco Micheli et ses collaborateurs révéla 1I/'Oumuamua subissait une légère accélération qui ne pouvait s'expliquer uniquement par les forces gravitationnelles du Soleil et des planètes. Cette accélération non gravitationnelle, typique des comètes qui dégazent sous l'effet de la chaleur solaire, hors aucune activité cométaire n'avait été détectée.

Cette anomalie suscita de nombreuses hypothèses. L'astrophysicien Avi Loeb de l'université Harvard suggéra même que l'objet pourrait être une voile solaire d'origine artificielle, une hypothèse controversée mais qui illustre l'étrangeté du phénomène. Le programme SETI tenta d'ailleurs d'écouter d'éventuels signaux radio avec le Green Bank Telescope et l'Allen Telescope Array, sans résultat.

En 2023, Jennifer Bergner de l'université de Californie à Berkeley et Darryl Seligman de l'université Cornell proposèrent une explication convaincante. Selon leur modèle, 1I/'Oumuamua serait une comète dont la glace d'eau, exposée pendant des centaines de millions d'années au rayonnement cosmique interstellaire, aurait été partiellement transformée en hydrogène moléculaire piégé dans sa structure. À l'approche du Soleil, cet hydrogène se serait libéré, produisant une poussée suffisante pour expliquer l'accélération observée, mais trop légère pour entraîner de la poussière visible.


Origine et disparition

L'origine de l'astre se situe à proximité de l'étoile Véga dans la Lyre. Il aurait mis environ 300 000 ans pour parcourir la distance depuis la position actuelle de Véga, qui n'était pas au même endroit à l'époque. Son système d'origine demeure donc inconnu.

1I/'Oumuamua a franchit l'orbite de Mars début novembre 2017, celle de Jupiter en mai 2018, et dépassa Saturne en janvier 2019. Il poursuit désormais sa route vers la constellation de Pégase.


Origine du nom et étymologie

Ce nom hawaïen, choisi par l'équipe Pan-STARRS pour honorer le lieu de la découverte, signifie " messager venu de loin " ou " éclaireur ". Le préfixe " 1I " indique qu'il s'agit du premier objet interstellaire officiellement reconnu.

A propos du site

Le système solaire par Christophe Prugnaud.
Par le même auteur : Le Franc Français - Les timbres de France de 1849 à nos jours.

Publié le 21/01/2026 - Mis à jour le 21/01/2026